Usures, « burn-out », « je suis à bout! ».

« L'usure professionnelle », « burn-out » sont des expressions qui circulent de plus en plus. Mais au-delà des mots, qu'y a-t-il au juste ?

Quelques formules parlent d'elles‑mêmes : « les éducateurs doivent être doués en tout » ; « on ne doit pas avoir de limites, il faut savoir tout faire ». On doit faire « comme si l'éducateur ne vieillissait jamais »; « on n'a pas le droit à l'erreur, on tourne en « surégime »; « on n'a pas le droit d'être crevé, de jeter l'éponge »; « on n'a pas le droit aux coups de pompe (fatigue) ». Le modèle de l'éducateur tout puissant occupe l'espace du groupe. C'est un héros : son métier est dangereux. Il s'expose à la violence... à des violences.

Les éducateurs, contrairement aux personnes dont ils s'occupent, sont des supposés être forts, bien équilibrés. Craquer c'est, pour l'éducateur, se rapprocher des personnes dont il a la charge. C'est devenir un peu comme eux.

Le burn-out est donc, pour Christina Maslach et Susan Jackson (auteur de Maslash Bum‑out Inventory, l98l), un syndrome relationnel composé de trois dimensions :

·         un sentiment d'épuisement émotionnel: « je suis vidé(e) », « j'ai l'impression d'être au bout du

rouleau », « je suis lessivé(e) »; c'est l'impression d'avoir tari son énergie, de ne plus pouvoir communiquer de manière satisfaisante.

·         une tendance à la déshumanisation de la relation : c'est la pierre de touche du burn‑out, ce qui lui confère son originalité; cette expression renvoie au développement d'une représentation dépersonnalisée et négative des personnes dont l'éducateur s'occupe, à une gestion froide et distante de la relation (conduite d'évitement, représentation stéréotypée et impersonnelle des personnes);

·         Une diminution de l'accomplissement personnel : «je n'accomplis rien de valorisant, de gratifiant dans mon travail », « je ne suis pas à la hauteur », « je ne suis pas fait pour ce travail ». Bref, un profond sentiment d'échec par rapport à une réussite personnelle dans son travail.

Le « BURN-OUT » correspond donc à un épuisement émotionnel accompagné d’une déshumanisation des relations et d’un manque d’accomplissement personnel.

Si le problème est pris à temps, la relaxation et l’aide à la prise de décision (cf. Le problème du Pathos dans l’holisme des trois « cerveaux ») peuvent aider à y remédier.

Référence : Valérie Pezet, Robert Villatte, Pierre Logeay, « De l'usure à L'identité professionnelle », Le burn-out des travailleurs sociaux, Edition ISA, Paris, 1996.